Vous vous souvenez de la saison dernière ? Liverpool était sur le point de réaliser un quadruplé sans précédent. Ils ont remporté la League Cup et la FA Cup, ont poussé Manchester City jusqu'au dernier jour pour le titre de Premier League, et ont atteint la finale de la Ligue des Champions, perdant 1-0 contre le Real Madrid. L'équipe semblait invincible, une machine parfaitement huilée sous Jürgen Klopp. Et maintenant ? Ils viennent de perdre 2-1 contre Brighton, une équipe qu'ils avaient battue 2-0 à domicile en mars dernier. Ce n'est pas un simple accroc ; c'est une crise généralisée.
Écoutez, tout le monde pointe du doigt Trent Alexander-Arnold. Et bien sûr, ses difficultés défensives sont un problème. Il a souvent été pris de court contre Brighton, notamment sur le deuxième but de Solly March à la 46e minute, laissant des espaces béants sur le flanc droit. Son génie offensif peut masquer certaines failles, mais quand l'équipe ne tourne pas, ses faiblesses sont exposées. Il ne réalise en moyenne que 1,1 tacle par match cette saison, contre 1,8 l'année dernière. C'est une baisse significative pour un arrière latéral dans un système de pressing haut.
Mais tout mettre sur le dos de Trent est trop facile. La pourriture est plus profonde. Leur milieu de terrain n'est plus que l'ombre de lui-même. Fabinho, autrefois le pilier, semble lourd et lent. Il a été dribblé trois fois contre Brighton, une statistique impensable il y a deux saisons. Jordan Henderson, à 32 ans, ne peut plus couvrir le terrain comme avant, et Naby Keïta est perpétuellement blessé. Thiago Alcântara offre des moments de magie, mais il n'est pas un bouclier défensif constant. Lorsque Kaoru Mitoma et March de Brighton ont fait des ravages, les joueurs centraux de Liverpool ont offert peu de résistance. Ils sont tout simplement dépassés au milieu de terrain.
Et puis il y a l'attaque. Le départ de Sadio Mané au Bayern Munich pour 32 millions d'euros en juin a été un coup plus dur que beaucoup ne l'ont reconnu. Darwin Núñez, une recrue estivale à 85 millions de livres sterling, a montré des éclairs – quatre buts en neuf apparitions en Premier League, ce n'est pas terrible – mais il n'a pas remplacé sans problème le pressing incessant ou la production de buts de Mané. Mohamed Salah, qui a marqué 23 buts en championnat la saison dernière, n'en a que sept jusqu'à présent dans la campagne actuelle. C'est une différence frappante, et ce n'est pas seulement de la malchance. Le service n'est pas là, et la cohésion dans le dernier tiers s'est évaporée. Le trio d'attaque, autrefois si télépathique, semble maintenant désuni.
Voici le problème : le style intense de Klopp, le gegenpressing, exige une condition physique optimale absolue et une faim incessante. Après des années de compétition au plus haut niveau, de victoires dans tout ce qu'il y a à gagner, une partie de cette intensité a disparu. Il est naturel pour une équipe de perdre une fraction de cette motivation après un succès soutenu. L'âge moyen de leurs joueurs clés – Van Dijk (31), Salah (30), Fabinho (29), Henderson (32) – suggère une équipe qui vieillit lentement et sort d'un système qui exige jeunesse et énergie illimitée. Ils ne sont pas seulement fatigués ; ils ont un pas de retard.
Mon avis tranché ? Ce n'est pas un passage à vide temporaire. C'est le début de la fin pour cette ère spécifique de Liverpool. Klopp doit reconstruire, et il doit le faire rapidement, ou ils risquent de sortir complètement des places de la Ligue des Champions.
La prochaine fenêtre de transfert de janvier sera cruciale. S'ils n'attirent pas au moins deux milieux de terrain de haut niveau capables de presser et de passer, ils auront du mal à atteindre le top quatre. Ils sont actuellement neuvièmes au classement, à dix points de la quatrième place. C'est un fossé de la taille du Grand Canyon à combler.
Prédiction : Liverpool terminera en dehors du top quatre cette saison, assurant une place en Coupe d'Europe uniquement grâce à un parcours profond en FA Cup.